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Réglementaire

Canicule au bureau : dès la vigilance jaune, vous devez agir

La rédaction de PRESSINGPASS6 min de lecture

Une chemise blanche sur un cintre, seule dans un ascenseur en acier

Depuis le 1er juillet 2025, un décret encadre la protection des travailleurs contre la chaleur. Il ne se déclenche pas sur un chiffre de thermomètre. Il se déclenche sur la vigilance de Météo-France, et le premier niveau qui vous engage est le jaune.

Le texte, en une phrase

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 est relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur. Il est entré en vigueur le 1er juillet 2025 et il modifie le code du travail. Autrement dit : ce n'est ni une recommandation, ni un guide de bonnes pratiques. C'est une règle opposable, applicable à votre entreprise, quel que soit son secteur.

Sa logique tient en deux temps. Le texte s'articule avec le système de vigilance météo, qui dit quand agir. Il fixe ensuite ce que vous devez adapter, sans écrire à votre place la façon de le faire.

La vigilance météo déclenche, pas le thermomètre du couloir

Météo-France publie une vigilance à quatre niveaux : vert, jaune, orange, rouge. Le décret s'appuie dessus. Dès la vigilance jaune, l'employeur doit agir. Attendre l'orange revient à sauter une marche que le texte a justement placée là.

Cette mécanique a une conséquence pratique très concrète : quelqu'un, chez vous, doit regarder la carte. Tous les jours, pendant la saison chaude. Et cette personne doit avoir le droit de déclencher les mesures sans convoquer trois réunions. Un plan qui dépend d'une validation de direction en août ne se déclenche jamais.

Les adaptations obligatoires

Le décret vous demande d'adapter l'organisation du travail, les horaires et l'aménagement des locaux, avec un objectif écrit noir sur blanc : limiter la durée et l'intensité de l'exposition à la chaleur. Le texte fixe le résultat attendu, il vous laisse le choix des moyens.

Concrètement, cela veut dire regarder trois choses chez vous. Le temps que vos équipes passent dans la chaleur. L'intensité de ce qu'elles y font. Et l'endroit où elles le font. Décaler une réunion physique de 15h à 9h coûte un email. Reporter une manutention lourde coûte une demi-journée de planning. Poser un store sur une façade plein sud coûte de l'argent, mais règle le sujet pour dix ans.

Les exemples ci-dessus sont des illustrations, pas des obligations recopiées du texte. Le décret ne vous impose pas une liste de mesures. Il vous impose d'obtenir un résultat sur la durée et l'intensité de l'exposition, et de pouvoir montrer que vous vous en êtes occupé.

Les personnes à protéger d'abord

Le décret identifie deux populations comme prioritaires : les travailleurs vulnérables et les jeunes travailleurs. Cette priorité ne se découvre pas le jour de l'alerte. Elle se prépare, parce qu'elle touche à des informations que vous ne détenez pas toutes vous-même.

Votre service de santé au travail est le bon interlocuteur pour cadrer ce point sans entrer dans le détail médical de qui que ce soit. Ce que vous devez savoir, c'est quels postes concentrent le risque et quelles personnes ne doivent pas les tenir un jour de forte chaleur. Pas le reste.

Une obligation qui existait déjà

Le code du travail impose déjà à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs, y compris au regard de la température. Le décret de 2025 précise cette obligation générale, il ne la crée pas.

La bonne lecture est donc celle-ci : la chaleur n'est pas un sujet qui s'ouvre en juillet et se referme en septembre. C'est un risque professionnel comme un autre, qui se regarde quand vous avez le temps de le regarder, c'est-à-dire au printemps.

Le confort, au-delà du texte

Tout ce qui suit ne sort d'aucune obligation. Ce sont des décisions de confort, qui vous appartiennent, et qui font souvent plus pour l'ambiance d'un mois d'août qu'une note de service. De l'eau fraîche accessible sans traverser l'étage. Des stores fermés le matin plutôt qu'ouverts toute la journée. Un code vestimentaire assoupli quand aucun client ne vient. Des réunions courtes, tôt, dans la salle la moins exposée.

Le pressing entre dans cette liste, à sa juste place. Un collaborateur qui travaille en costume ou en tenue change de chemise plus souvent quand il fait 34 degrés, et il ajoute deux trajets par pièce à une journée déjà lourde. Une tournée qui passe dans vos locaux enlève ces trajets. Ce n'est pas une mesure de prévention de la chaleur, et personne ne devrait la présenter comme telle. C'est une corvée en moins pendant les semaines où tout demande plus d'énergie.

La checklist employeur

Avant l'été

  • Désignez la personne qui consulte la carte de vigilance chaque matin et qui déclenche le plan.
  • Listez les postes les plus exposés : dernier étage, façade plein sud, cuisine, travail en extérieur, local technique.
  • Identifiez les travailleurs vulnérables et les jeunes travailleurs, avec votre service de santé au travail.
  • Écrivez le plan avant l'épisode : quels horaires décalés, quelles tâches reportées, quelles salles évitées, à partir de quel niveau de vigilance.
  • Regardez ce que valent vos locaux : stores, ventilation, ouvrants, points d'eau.
  • Présentez le plan aux équipes en juin, pas le jour où il fait 36 degrés.

Pendant un épisode, dès le jaune

  • Appliquez le plan dès la vigilance jaune et dites-le clairement à tout le monde.
  • Décalez les horaires et allégez la charge sur les postes exposés.
  • Regardez qui travaille seul, qui vient d'arriver, qui ne dira rien.
  • Notez ce que vous avez fait et quand vous l'avez fait.
  • Faites un point à la fin de l'épisode et corrigez le plan pour le suivant.

Cette checklist est un outil de travail, pas une garantie de conformité. Elle reprend ce que le décret impose et y ajoute ce qui rend le plan applicable. Pour la lettre exacte du texte, les liens ci-dessous vont plus vite que n'importe quel résumé.

Sources

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